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N'Djaména : Un juriste récite des lois pour nier son enfant

Un juriste réputé dans les milieux judiciaires a compris à ses dépens qu’on ne règle pas tous les conflits familiaux avec des articles de loi récités à haute voix.

Tout commence par une relation entre l’homme de loi et une jeune femme, soldée par une grossesse. Convoqué par la belle-famille pour répondre de ses actes, le juriste opte pour la défense technique : il cite les textes, invoque des vices de procédure et refuse de répondre aux questions.

Après plusieurs refus de se présenter, la belle-famille porte plainte dans un sous-poste de police réputé strict de la capitale Tchadienne, N'Djaména. Convoqué, le juriste ne se présente pas. Le commandant donne alors l’ordre de l’amener. 

À son arrivée, l’homme enchaîne les arguments juridiques : il rappelle la procédure en cas de trois refus, conteste la légalité de son interpellation et refuse de répondre sans avocat. Le commandant coupe court : “Monsieur, reconnaissez-vous avoir eu des relations sexuelles avec la dame ?”. Réponse du juriste : “Vice de procédure, je ne peux répondre”.

Face à son entêtement, le commandant le place en cellule de garde à vue, “le violon”, aux côtés d’autres détenus. Après quelques heures et quelques coups de poing des gangsters, le ton change. Le juriste demande à revoir le commandant.

Sorti de cellule, l’homme de loi abandonne ses articles. Il reconnaît la paternité de l’enfant mais refuse le mariage. Pour tourner la page, il s’engage par écrit à verser 80 000 FCFA par mois pendant 10 ans pour la prise en charge de l’enfant.

Le commandant, avant de le laisser partir avec quelques écorchures et le teint défait, lui lance : “Il fallait laisser le code de procédure civile et on gère très humblement cette affaire”.

L’histoire illustre un décalage parfois observé. Connaître la loi ne dispense pas d’assumer ses responsabilités personnelles.

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