Aller au contenu principal
BANDE INFO
Accueil Mis à jour le 02 nov. 2026

RDC : un calme précaire s'installe à Uvira après l'entrée du M23 (PAPIER GENERAL)

GOMA (RDC), 11 décembre (Xinhua) -- Peu après la prise de contrôle d'Uvira par les rebelles du Mouvement du 23 Mars (M23), un calme fragile s'est installé dans cette ville stratégique de l'est de la République démocratique du Congo (RDC), située à la frontière avec le Burundi.

12 déc. 2025 06 min de lecture 1.4K vues
RDC : un calme précaire s'installe à Uvira après l'entrée du M23 (PAPIER GENERAL)
Photo d'illustration

Les combats qui avaient précédé l'avancée des rebelles ont été arrêtés. Sur le terrain, les combattants du M23 ont maintenu la consolidation de leur présence, à la fois dans la ville et dans ses environs immédiats, y compris à proximité de plusieurs points stratégiques proches de la frontière burundaise.

UN CALME FRAGILE DANS UNE VILLE SOUS TENSION

"Aujourd'hui, la menace a été écartée et nous confirmons que la ville d'Uvira est désormais libérée. Nous appelons nos compatriotes à reprendre leurs activités en toute sérénité. L'AFC/M23 (l'AFC, Alliance fleuve Congo, est le groupe politico-militaire allié au M23) est présente pour assurer leur protection", a déclaré mercredi Lawrence Kanyuka, porte-parole du mouvement se rebeller. A Uvira, les rues restent en grande partie désertes. La présence des rebelles est visible le long de l'artère principale, dans plusieurs quartiers résidentiels ainsi qu'autour de sites jugés sensibles. Le M23 a également pris position dans les ports et au niveau des infrastructures clés dépendant de la ville à la province voisine du Tanganyika. Après la prise de Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu, par le M23 en février, les autorités provinciales avaient été contraintes de se répondre. Uvira, deuxième ville de la province, avait alors assumé le rôle de centre administratif provisoire. 

Ville frontale du Burundi et nœud commercial important, elle revêt une importance stratégique majeure dans l'est du pays. Depuis le retrait des Forces armées de la RDC (FARDC) et de leurs alliés, une reprise timide de l'activité est enregistrée dans certaines zones. Toutefois, une grande partie de la population reste confinée chez elle, craignant d'éventuelles opérations de ratissage ou une reprise des hostilités. Les écoles restent fermées et la circulation entre le centre-ville et les quartiers périphériques reste limitée. Plusieurs habitants joints au téléphone par Xinhua affirment ne sortir que "pour l'essentiel", invoquant la peur de l'imprévisible. Malgré les appels du M23 invitant la population à reprendre ses activités quotidiennes, beaucoup disent préférer attendre une clarification de la situation sécuritaire.

 UN "CORRIDOR" ANNONCE POUR LE RETRAIT DES SOLDATS BURUNDAIS

 Peu après leur entrée à Uvira, les responsables du M23 ont affirmé ouvrir un couloir sécurisé, selon eux, aux soldats burundais déployés dans la région de regagner leur pays.

Les rebelles disent vouloir éviter des affrontements prolongés, tout en facilitant le retrait de ces forces étrangères engagées aux côtés de Kinshasa."Les événements à Uvira sont une affaire strictement congolo-congolaise. Le M23 respecte la souveraineté et l'intégrité territoriale du Burundi", a déclaré jeudi sur X, Corneille Nangaa, leader politique de l'AFC, ajoutant que le mouvement "n'a aucune visée au-delà des frontières nationales". 

Dans un communiqué publié le même jour depuis Uvira, Lawrence Kanyuka a par ailleurs affirmé que plusieurs groupes de soldats burundais demeuraient retranchés dans les hauts-plateaux de Fizi, d'Itombwe et d'Uvira, accusant ces unités de commettre des atrocités sous couvert d'opérations contre des groupes armés locaux. Aucune vérification indépendante de ces affirmations n'a toutefois pu être établie à ce stade. 

DES CONSEQUENCES HUMANITAIRES ET TRANSFRONTALIERES

De son côté, le gouvernement congolais a condamné l'"avancée illégale" du M23 dans la province du Sud-Kivu, accusant une nouvelle fois le mouvement de bénéficier d'un soutien militaire rwandais. 

Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement, a affirmé mercredi que les combats ayant éclaté de Kamanyola, autre cité stratégique de la province jusqu'aux abords d'Uvira, avaient fait "des centaines de morts parmi les civils". 

Depuis des décennies, l'est de la RDC est le théâtre de violences récurrentes, exacerbées par les offensives du M23, que Kinshasa accuse Kigali de soutenir. Le Rwanda, de son côté, nie tout appui au M23 et reproche aux forces congolaises leur collusion avec les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), accusées d'avoir participé au génocide de 1994.

 Entre le 5 et le 9 décembre, environ 38.000 demandeurs d'asile originaires de l'est de la RDC ont traversé les frontières pour entrer au Burundi, fuyant l'insécurité, a rapporté mercredi la Radio-Télévision nationale du Burundi (RTNB).

Le même jour, le Burundi a décidé de fermer ses frontières avec la RDC en raison de la situation à Uvira, une décision qui, selon des habitants locaux, aggrave la situation humanitaire dans cette zone frontalière proche de Bujumbura, capitale économique burundaise. 

Le gouvernement congolais a prévu jeudi une lettre au président des Etats-Unis et au Conseil de sécurité de l'ONU, dénonçant la gravité de la situation consécutive à l'offensive rebelle à Uvira. "La situation à Uvira marque un grave tournant", indique le communiqué officiel.

 Depuis mardi, plusieurs soldats des FARDC et leurs alliés ont quitté Uvira en direction de différentes localités, notamment Baraka et Kalemie, dans la province du Tanganyika. Le M23 affirme pour sa part poursuivre sa progression vers d'autres fronts, dont ceux de Baraka et de Kamituga.

 Pour l'heure, Uvira reste suspendu à l'évolution des opérations militaires dans l'arrière-pays et à la capacité des acteurs régionaux à éviter une nouvelle spirale de violences.Les organisations humanitaires appellent à un accès sécurisé afin d'évaluer les besoins urgents, tandis que les habitants espèrent que le calme fragile observé ces derniers jours ne cèdera pas à une nouvelle flambée de combats. Ailette

Votre réaction ?

À lire aussi

(Multimédia) La visite de Xi fera progresser la coopération globale entre le Pérou et la Chine, selon le président du Congrès péruvien (INTERVIEW)
Économie
14 nov. 2024 • 2.6K vues

(Multimédia) La visite de Xi fera progresser la coopération globale entre le Pérou et la Chine, selon le président du Congrès péruvien (INTERVIEW)

Les avancées de la Chine dans les technologies intelligentes et mobiles ont facilité la vie quotidienne de ses habitants et renforcé sa compétitivité nationale, ce que le Pérou cherche également à développer de son côté, selon le président du Congrès péruvien Eduardo Salhuana.

La route Kelo-Pala-Léré: un symbole de l'échec politique dans le développement de la région du Mayo-Kebbi
Société
26 janv. 2026 • 2K vues

La route Kelo-Pala-Léré: un symbole de l'échec politique dans le développement de la région du Mayo-Kebbi

La route qui relie Kelo, Pala et Léré constitue un axe fondamental pour le développement de la région, car elle assure la connexion entre les différentes communautés et favorise les échanges commerciaux. Malgré les efforts notables déployés pour améliorer cette infrastructure, le processus de bitumage de cette voie cruciale rencontre des obstacles significatifs et des retards importants.

Championnat national de Taekwondo : 300 athlètes attendus à N'Djaména
Sports de combat
13 août 2026 • 533 vues

Championnat national de Taekwondo : 300 athlètes attendus à N'Djaména

Le président du comité d’organisation du Championnat National de Taekwondo, Kouma Kossi Saturnin, a annoncé ce jeudi 13 août 2026 le lancement officiel du processus devant conduire à la compétition. La déclaration a été faite devant les organes de presse nationaux et internationaux, les partenaires techniques et financiers ainsi que les autorités sportives.

Vous êtes hors connexion